Ce site combat certaines idées reçues sur le philosophe Friedrich Nietzsche.
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La légende du cheval n'a visiblement jamais été confirmée. Le Dr. Wille, médecin de l’hôpital de Bâle qui recueillit Nietzsche après son effondrement, parle dans son rapport d’une « paralysie progressive ». Le peu d'informations sur la maladie de Nietzsche empêche de conclure à une origine qui serait autre qu'organique, non pas psychologique.
Ses développements philosophiques ne peuvent ainsi pas être la cause de sa maladie. En effet, si le sentiment d’être détenteur d’une mission capitale, la remise en cause des dichotomies les plus habituelles de la raison, la critique de la culture occidentale sont des traits de folie, alors il faudrait avancer que Nietzsche est fou depuis ses premières œuvres philosophiques. Or, jusqu’à la veille de son effondrement, Nietzsche continue de rester maître de sa prose, usant entre autres de méthodes de raisonnement classiques et largement partagées par la tradition philosophique. Dès janvier 1889, Nietzsche cesse d’écrire.
Les concepts de fort et de faible ne correspondent pas ou pas toujours à des individus mais plus souvent à des types humains relatifs. La force et la faiblesse ne sont pas des concepts liés à la force physique, bête et brutale, mais à la manière pour tel type humain d’intensifier la vie c'est-à-dire d'être créateur, par-delà bien et mal — non pas par-delà le bon et le mauvais. Force et faiblesse cohabitent au sein d'un même individu.
Le type surhumain n’est pas celui qui est libéré de toute moralité. Nietzsche remarque régulièrement que la force se reconnaît par une discipline stricte envers soi-même. Toutefois, le renversement des valeurs voulu par Nietzsche ne peut pas être une reconduction déguisée de l'égalitarisme et de l'humanisme sous les oripeaux de l'individualisme, fut-il aristocratique dans sa forme.
Nietzsche met en doute la croyance selon laquelle la vérité est un point fixe, anhistorique, une manière de se rapporter aux choses absolument valable en tout lieu et tout temps. Au contraire, le mensonge et l'illusion sont des conditions préalables à toute vie, par suite à toute connaissance désintéressée ou non. La critique de Nietzsche porte principalement sur ces mensonges qui se font passer pour des vérités, appartenant au monde "vrai", immobile et rationnel, opposé au monde apparent, changeant et contradictoire.
Nietzsche fait le constat d’une dépréciation des valeurs en cours dans l’Europe contemporaine. Cette vague de nihilisme est l'occasion pour ceux dont la tâche est de créer de nouvelles valeurs de proposer des interprétations de la réalité plus fidèles à ce qu'est la vie, c'est-à-dire volonté de puissance. La Renaissance a par exemple déjà joué ce rôle.
La tradition philosophique a défini les idées comme appartenant à un domaine autonome et indépendant, opérant sans influence de l'extérieur et sous un mode objectif. Nietzsche voit dans cette conception un mensonge niant la force extraordinaire de séduction qu'opèrent les idées, en particulier lorsqu'elles se présentent comme objectives. Une telle perspective passe sous silence le caractère confortable ou consolant de certaines idées.
C'est pourquoi Nietzsche choisit bien un mode d'exposition inhabituel pour ses conceptions philosophiques. En faisant tantôt appel à une forme poétique tantôt à des discours rationnels de forme plus classique, il cherche à faire effet sur son lecteur et ne croit pas simplement l'informer de telle ou telle connaissance qu'il aurait glanée.
La spoliation de l’héritage philosophique de Nietzsche par le régime nazi et les régimes fascistes s’est faite par l’intermédiaire des proches du philosophe qui ont en partie falsifié son œuvre.
La récupération idéologique est facilitée par le vocabulaire nietzschéen (l'opposition de la force et de la faiblesse, l'attaque systématique contre les valeurs morales affichées des XVIIIe et XIXe siècles européens), son éloge constant du mode de vie du guerrier et par sa critique peu charitable de la démocratie ou des idéaux de la Révolution française.
L’image de la guerre dans l’œuvre de Nietzsche est utilisée pour qualifier une guerre de l’esprit, menée contre les idéaux ascétiques. Néanmoins, Nietzsche fait peu de cas de la violence réelle qui pourrait résulter de cette guerre.